Allez hop, ce soir, j’ai envie d’enfoncer une porte ouverte! D’un coup, comme ça, je vous livre un non-scoop: notre société est pervertie! Tout n’est que vice, corruption, bassesse… pots-de-vin, pots belges, tecktonik… le monde part en sucette!
Ah, vous le saviez déjà? Merde… Mais peu importe, tout cela pour dire que parfois, une petite lueur d’intégrité brille dans notre grande société du spectacle et que moi, ça me fait du bonheur.
Connaissez-vous Canard PC et son histoire? Quelques journalistes spécialisés dans le jeu vidéo et auto proclamés “bande d’idiots notoires” ont un jour décidé de quitter leur magazine blockbuster Joystick suite au rachat de ce dernier par le groupe Future.
Cette poignée de passionnés intègres voulait profiter pleinement de sa liberté d’expression et noter les jeux pour ce qu’ils valent réellement.
Ces petits gars qui avaient leur joli fauteuil bien au chaud ont tout plaqué pour se lancer dans leur propre magazine, un pari à haut risque, mais réussi haut la main.
Si je me lance dans leur panégyrique là tout de suite, c’est en raison de leur critique du dernier surmédiatisé Will Wright (les Sims): Spore.
Depuis les débuts du magazine, je constate que leurs critiques sont honnêtes et sans concessions. Quand ils n’aiment pas, ils n’aiment pas, et le font savoir au gamer avant qu’il ne fasse un placement qu’il pourrait regretter. Comme pour la critique musicale ou cinématographique, le lecteur est en demande d’un avis sincère et éclairé qui lui donnera envie, ou non, de consommer.
Spore a été encensé par la critique, spécialisée comme généraliste, avant même sa sortie. Le bulldozer marketing était en marche, écrasant toute opinion individuelle sur son passage. Jeu parfait, ultime, infini, complexe… les qualificatifs n’ont pas manqué.
Et qui est venu foutre un grand coup de pied dans tout ce merdier? Canard PC. Incroyable mais vrai, des journalistes ont dit ce qu’ils pensaient réellement. Ils sont allés jusqu’à sous titrer leur numéro “l’inquiétante évolution du jeu vidéo”. Du pavé en béton armé dans la mare (mare… canard… oui, je sais..).
Le test, sans concessions, reconnaît les aspects sympa du jeu, mais n’hésite pas à mettre le doigt sur ce qui déconne, remettant ainsi le jeu à sa place, coupant court à une mystification exagérée.
Que l’on soit d’accord ou non avec eux, finalement, on s’en fout. Mais je tiens à pousser mon cri d’amour pour ces gens fidèles à leurs valeurs, qui ouvrent leur gueule dans un univers consensuel sans céder aux yeux doux des éditeurs et de leurs plans de com cache-misère. Tout mon respect.
Afin de donner toute sa valeur à cette franchise, il est important de préciser qu’il y a quelque chose de pourri au Royaume de Jeu Vidéo… preuve en est l’exemple récent de ce testeur du site GameSpot qui a descendu “Kane et Lynch”. L’éditeur Eidos l’a suffisamment mal pris pour que ce jeune homme se fasse jeter dehors comme un malpropre. Éloquent, non?
En plus, Canard PC, c’est très con, hilarant, et franchement distrayant. Je ne me situe pas franchement dans la tranche des hardcore gamers, mais je me marre bien deux fois par mois en le lisant.
J’avais envie de rendre hommage à ce subtil mélange d’intégrité journalistique et d’humour vaseux. C’est chose faite, à vous de vous faire votre propre opinion.
















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