Samedi dernier, je voulais aller voir Volo en concert. Il est de notoriété publique que je n’ai généralement pas de bol (NDLR: penser à faire un billet sur la loi de Murphy et ses corollaires), et comme il se doit, suite à mon opération, je n’étais pas en état. Du coup, j’ai décidé de vous parler du CD, en attendant une autre occasion!
Quoi qu’en pensent ceux qui me connaissent, non, je n’écoute pas que du métal, je ne headbangue pas à longueur de journée et oui, parfois, j’aime bien écouter de la musique française. De la bonne, j’entends. D’où ce billet, suivez l’enchaînement…
Peut-être connaissez-vous les Wriggles (excellent groupe d’ailleurs) et de ce fait, êtes familier avec une partie du groupe, constitué des frangins Volovitch et de leurs musiciens.
Le CD date de 2007, mais vu les difficultés à le trouver dans le commerce, je pense que ce n’est pas (encore) le blockbuster de l’année. Et dans mon grand despotisme, j’ai envie de dire: pourtant, ça devrait. Quand on voit les abominations qui se vendent à des centaines de milliers d’exemplaires (voui, je n’aime personne, c’est pas faux…), j’aimerais voir ce genre de groupe avoir le succès qu’il mérite.
Les chansons qui se vendent sont souvent une soupe populaire sans grande saveur et complètement interchangeables. Sujets consensuels calibrés pour la cible, paroles tièdes à base de “je t’aime — moi non plus”… ça va 5 mn. Je ne parle pas de l’ensemble de la scène française, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais il faut se rendre à l’évidence: il y a plus de textes quelconques que de textes qu’on retient autrement que parce qu’ils nous rendent fous à force de tourner en boucle sur les radios et en promo sur les plateaux télé (je ne suis pas sûre de me faire des amis, sur ce coup-là…).
On peut éventuellement considérer que les sujets abordés par les Volo sont consensuels car contemporains et pour certains préoccupants. Moi, je ne trouve pas, mais je comprendrais ce point de vue. Après, reste la manière de les aborder, et là, impossible de ne pas trouver de poésie là-dedans. La simplicité a quelque chose de touchant, de percutant, qui rend ce groupe si particulier à mes yeux (enfin à mes oreilles quoi).
Ce disque oscille avec grâce entre petits bonheurs et désenchantements, abordant aussi bien amour et rencontres que conscience politique. Et encore, je parlerais plus d’humanisme que de politique, ici. Guerres (“c’est leur guerre”, “jours heureux”), religions (“Mon Dieu”), violences ordinaires (“L’interprétation”, “Allons enfants”, “Comme tout le monde”) sont traités de manière décalée avec en fond l’espoir que ça change.
L’amour, l’amitié, les petits bonheurs du quotidien ne sont pas en reste au travers de chansons qui nous collent un petit sourire au coin des lèvres grâce à un charme, un petit je-ne-sais-quoi propre aux Volo. “T’es belle”, hymne simple à l’amour, “Le bonheur”, comme son nom l’indique, “Obligé”, souvenir d’une amitié, sont autant de petites perles à écouter avec attention.
Bien sûr, on ne peut pas être passé par les Wriggles sans en ressortir avec des séquelles humoristiques. “C’est pas tout ça” parle de l’influence de la testostérone chez les mâles sans verser dans la vulgarité excessive. “La finale”, qui n’est pas forcément drôle, m’amuse car elle exprime un fabuleux m’enfoutisme envers le sacro-saint foot. Moi, forcément, ça me fait du bonheur…
Les Volo sont des chansonniers comme on n’en trouve plus beaucoup, des artistes pour qui les mots sont au centre de la création et de l’émotion, et qui ont des choses à dire. C’est sûr qu’on ne les verra pas demain à la Starac, et quelque part, je trouve ça réconfortant.
Un disque à découvrir, de même que leurs précédents, un exemple de grâce en suspens, des artistes sensibles et créatifs…
Comme disent nos amis les américains: Two thumb up!
















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