Calen­drier

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Mon gras et moi
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Plus pois­seux, tumeur…

Aujourd’hui, je vais me lan­cer dans un exer­cice un peu dif­fé­rent de ce que je fais d’habitude: je vais vous par­ler de moi. En temps nor­mal, ce n’est pas du tout mon truc mais, par­fois, on voit sa vie bas­cu­ler et cer­taines choses changent… Rassurez-vous, vous n’allez pas devoir lire l’intégrale en 312 volumes de ma pal­pi­tante bio­gra­phie (je vous épargne pour cette fois), je vais me concen­trer sur le pré­sent et par­ta­ger avec vous mon sym­pa­thique far­deau (sic)…

J’ai un . C’est dra­ma­tique et déses­pé­ré­ment banal en même temps. Un du sein (le gauche, je pré­cise pour les adeptes de la pré­ci­sion), apparu aussi rapi­de­ment qu’insidieusement. Tout allait bien jusqu’à ce que je sente une espèce de boule qui n’avait rien à faire là et que s’enchaînent les exa­mens divers et variés.

A 31 ans, on ne s’attend pas à ça. J’ai pour­tant lu (sur Inter­net, infor­ma­tion à prendre avec des pin­cettes, donc) que 5% des can­cers du sein touchent des femmes de moins de 40 ans. La pré­ven­tion s’adresse sur­tout aux femmes de 50 ans et plus. Il serait pour­tant impor­tant d’informer les plus jeunes – sans pour autant prô­ner des exa­mens sys­té­ma­tiques – afin de leur faire savoir qu’elles doivent être vigilantes.

Quelque part, j’ai eu de la chance : ma tumeur à moi est grosse et je l’ai sen­tie sans même la cher­cher. Après, tout s’est enchaîné très vite et la salo­pe­rie a été iden­ti­fiée. Je ne sais pas trop ce que me réservent les pro­chains mois mais, a priori, on va pou­voir me soi­gner (dans le cas contraire – ce que je ne sou­haite pas – je vous remer­cie de vous orien­ter vers le brains­tor­ming pour mon épi­taphe)… :)

Ne nous men­tons pas : ça fait peur. , c’est presque un gros mot, c’est même dur à dire, vache­ment plus dur que « tiens, j’ai un pana­ris ». Alors ça ne ras­sure pas. Cepen­dant, j’ai fait le choix de prendre la chose avec une cer­taine désin­vol­ture (et non pas une désin­vol­ture cer­taine…) et pris le parti d’en rire.
Il n’y a vrai­ment rien de drôle en soi, mais c’est un mode de défense comme un autre. Moi qui prône l’humour noir et la liberté de rire de tout et sur­tout de ce qui est grave, je me serais reniée si je n’avais choisi la voie de la vanne foi­reuse. Tant qu’à pleu­rer, je pré­fère pleu­rer de rire. Pas vous ?

Bon, je débute, hein, mes pre­mières ten­ta­tives d’humour seront pro­ba­ble­ment faciles et conve­nues, tou­jours tein­tées d’une angoisse sous-jacente. Mais rassurez-vous, j’ai quelques mois de pour peau­fi­ner mon style et pré­pa­rer mon one-woman show ! En étant moi-même malade, per­sonne ne pourra me repro­cher l’usage d’un mau­vais goût déplacé, ni de rire du mal­heur des autres. Là, je compte rire du mien, et si je fais sou­rire d’autres malades, si je peux dédra­ma­ti­ser cette merde qui fait flip­per la terre entière, tant mieux.

Ques­tion parti-pris, j’ai aussi choisi de ne pas tout voir en noir. Oui, ça craint. Oui, il y en a pour des mois de galère. Oui, je vais perdre mes che­veux et me sen­tir mal, très mal. Mais je vais (nor­ma­le­ment… tou­chons du bois… hop, c’est fait) m’en sor­tir. Et j’ai envie de croire que j’en sor­ti­rai gran­die. Moi qui vivote depuis des années dans la peur de la mort et de la mala­die, j’ai une occa­sion de remettre les choses en pers­pec­tive, de revoir mon échelle de valeurs de la flippe et, peut-être, une fois gué­rie, de com­men­cer à vivre. Prendre confiance en moi et en mes res­sources – appa­rem­ment en RTT aux Baha­mas depuis un bon moment. Prendre de ce qui compte vrai­ment et de ne plus gas­piller tant d’énergie pour des futi­li­tés. Profiter.

Et puis allez, il paraît que les che­veux repoussent plus doux que jamais… une car­rière d’ambassadrice L’Oréal s’ouvre peut-être à moi ! A force de vomir, je vais perdre du poids et peut-être même mai­grir tout en man­geant du cho­co­lat (le magné­sium, c’est super impor­tant pour le moral, hum hum…).

Ce qui fait que pour l’instant (tant qu’on n’a pas com­mencé la , donc), tout va (presque) bien, ce sont les gens. Famille et amis réagissent comme des chefs et on me montre tel­le­ment d’affection que je pour­rais retom­ber malade ulté­rieu­re­ment rien que pour qu’on m’aime comme ça. Dans le genre baume au cœur, vous qui en faites par­tie, vous êtes fabu­leux et je vous aime. Vous n’en faites pas par­tie ? Pas grave, je vous aime bien aussi, les courbes de fré­quen­ta­tion en hausse sur Ana­ly­tics sont bonnes pour mon moral ;)

Voilà voilà pour la pré­sen­ta­tion de la situa­tion. Vous vous en dou­tez, un , ça devient assez pré­do­mi­nant dans une vie, et il va y avoir un fil conduc­teur pen­dant quelques mois, je vous tien­drai au cou­rant des étapes et vous ferai part de mes pro­grès en matière d’humour noir. Mon crabe et moi vous disons donc à très bien­tôt ! ;)

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