En ces temps de crise, il est géné­ra­le­ment de bon ton de faire tra­vailler en prio­rité la popu­la­tion natio­nale et / ou euro­péenne. Si les délo­ca­li­sa­tions dues à la mon­dia­li­sa­tion sont en géné­ral mal per­çues, c’est évi­dem­ment encore pire en ce moment. Pro­duire à l’étranger pour réduire les coûts alors qu’ici, des gens perdent leurs emplois, c’est mal. C’est un fait, et aucune logique mar­ke­ting ou pro­duc­ti­viste ne peut excu­ser les dégâts humains ainsi générés.

Bon, voilà, main­te­nant ma porte ouverte enfon­cée (une fois n’est pas cou­tume), je peux en venir au cœur de mon sujet et pous­ser mon coup de gueule indi­gné. Ces jours-ci, j’ai ten­dance à avoir le glo­bule fai­blard. Je dirais bien que je trouve mes glo­bules un tan­ti­net pâli­chons, mais par­lant des blancs, ça n’aurait guère de sens, hein, quand on y pense. Alors pour leur redon­ner la pêche – c’est de sai­son – on me fait des injec­tions et voilà où je m’insurge (si si, on y vient).

Le prin­cipe actif de ce médi­ca­ment est – je cite l’emballage – pro­duit par la tech­nique de l’ADN recom­bi­nant sur des Cel­lules d’Ovaire de Ham­ster Chi­nois (CHO). On est d’accord, ça ne s’invente pas… Alors outre les inter­ro­ga­tions d’ordre schi­zo­phrène que cela sou­lève (mes dents de devant vont-elles pous­ser, faut-il m’installer une roue dans le salon, pour­quoi diantre cette étrange envie de cou­rir dans d’étroits tuyaux trans­pa­rents…), cet état de choses me pose un pro­blème éthique : quid de nos ham­sters locaux ?

Per­son­nel­le­ment, je n’ai jamais vu de ron­geur avec une carte de poin­tage à la patte. Notez bien que je ne m’en suis jamais offus­quée, mais à ma décharge, je ne savais pas que ces aspi­rants chaus­sons – par­don, ces mignonnes petites boules de poils — pou­vaient occu­per un emploi. Heu­reux les igno­rants… Mais là je dis non ! Où va le monde, je vous le demande, ma bonne dame…

Sans comp­ter que par ailleurs, on ne sait rien des condi­tions de tra­vail de ces petits chi­nois… sont-ils clan­des­tins ? Payés trois noi­settes pour faire don de leurs ovaires avant d’aller coudre des Naïke dans des caves sor­dides qui ne reçoivent ni la cin­quième, ni la sixième chaîne, c’est dégueu­lasse (Abel Che­moul, si tu me lis…) ?

Face à ce scan­dale et sans vou­loir faire dans le pro­tec­tion­nisme à outrance, on ne peut que se révol­ter… mili­tants ham­sters, enfin un humain de votre côté ! Ne nous lais­sons pas mar­cher sur les pattes ! Je pro­pose une marche silen­cieuse à Bruxelles, ame­nez vos ovaires. Amis ron­geurs, à vos pancartes…

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