Je crois bien que je viens de battre mon record en termes d’espacement entre deux publications… A force de trop attendre le positif pour avoir une bonne raison d’écrire, on en arrive à un blog qui ressemble à une vieille casse auto à l’abandon ! Et puis bon, vous allez vous réjouir trop vite à croire que je suis déjà morte, sus aux espoirs d’héritages de ma collection de Spirou et de mes MP3 pourris… ! Alors bien que j’espère dans les prochains jours vous donner de bonnes nouvelles, me remettre aux billets légers et aux critiques acerbes de mes congénères ou encore de la « culture », je n’en suis pas sûre, j’ai même rarement été aussi peu sûre du lendemain. Je vous envoie donc un petit billet du fond du fond, bande de veinards !
Ah ! La médecine… Une science pas tout à fait exacte qui a généralement besoin de confirmations pour être crédible. Je vous ai laissés en rade depuis un moment, alors petit rattrapage : une fois mes séances de chimio terminées, j’ai eu droit à mes quelques semaines de radiothérapie. Un gag en soi, d’ailleurs, ce traitement, question organisation, mais passons… disons qu’au moins, j’ai pu visiter la région en taxi en long, large et même travers ! Toujours est-il que le temps fait son œuvre et que je suis venue à bout des rayons. Champagne ? Non, tout juste Champomy – et encore, à condition qu’il soit en promo, faut pas gâcher pour de mauvais prétextes.
Le vendredi 13 novembre, mon cher oncologue m’annonce la nouvelle que j’attendais tant ! C’est fini ! Britney (ma tumeur, faut suivre) est partie, je n’ai plus de cancer, plus de traitements lourds à suivre… je devrai faire des examens tous les 4 mois mais, a priori, je peux retourner prochainement à une vie normale, je suis en rémission (pas guérie, hein, ah non, pas guérie, terme interdit avant 5 ans). Bon, déjà, je le dis tout de go, ça confine les explosions de joie à quelque chose de très intérieur et finalement, d’assez décevant. Mais surtout, il faut faire un bilan de fin de traitement pour s’assurer que tout va bien. Docteur, docteur, attendez donc les résultats avant de me faire de fausses joies…
Et c’est reparti pour la ronde des labos et autres centres de machinchose. Prise de sang nickel – comme celle d’un nouveau-né, je cite. Échographie, impec. Radio du thorax, euh… Bon, merde, on a un doute, elle est peut-être pas guérie, en fait, la p’tite, on a l’air cons là, chers confrères, non ? Sac à papier… Car voilà, on a détecté des tâches sur mes dernières radios qui n’apparaissaient pas sur les précédentes. Bon, mon cher et tendre pronostique une tâche de confiture laissée par un gamin négligent sur les appareils. L’idée me séduit, serait même crédible au vu de l’hygiène bien trop souvent douteuse dans les lieux médicalisés supposément « rutilants — sans – germe – aucun », mais allez savoir pourquoi, j’ai du mal à me convaincre.
Alors voilà la bonne blague : après qu’on m’ait annoncé que j’étais en train de recouvrer la vigueur d’un petit poney fringuant, on me renvoie un peu en urgence repasser un scanner, demain. Ces petites tâches, on ne sait pas vraiment où elles sont (les radios ça manque de profondeur de strates…) ni ce qu’elles sont. Ça peut être tout à fait bénin… ça peut aussi être des cellules cancéreuses… ça peut être dans les poumons, d’ailleurs. Et allez, je suis d’un naturel optimiste : qui sait, à défaut, ça pourrait être un emphysème, j’ai l’historique familial adéquat (OK, celui-là, je l’ai trouvé toute seule… Par contre, un petit reste de cancer n’a pas du tout été écarté par Chirurgien de mon cœur qui a fait le bilan et me renvoie fissa me faire intoxiquer chez les copains de radiologie).
Me voilà donc depuis deux jours dans un état assez lamentable, psychologiquement parlant… Je ne suis pas équipée pour l’optimisme à outrance et dans le doute, j’imagine toujours le pire. J’ai traversé dix mois de traitements lourds, agressifs et aux effets secondaires multiples sans trop broncher, sans flancher, sans me départir de mon sens de l’humour noir, mais là, très franchement, je ne peux plus. Même pour la grande GI Joolz, tout a ses limites, et voilà, on y est… Après le soulagement (relatif, certes, mais tout de même), l’angoisse, le doute, la peur. Je me vois déjà condamnée par un cancer des poumons, je peux moins que jamais imaginer un avenir, même à court terme, je tourne en rond et ne suis provisoirement plus bonne à rien…
Alors je ne peux qu’espérer que ce scanner qui va décider de mon futur me soulagera au lieu de m’enfoncer, qu’on ne va détecter qu’une petite chose mineure et que je pourrai reprendre mes projets et mes rêves en main. Parce qu’en presque un an de maladie, j’en ai eu, du temps, pour imaginer des lendemains plus chantants, et ce serait dommage de perdre tout ça maintenant que je réalise mieux la valeur de ma propre vie. Si vous êtes portés sur les incantations en tous genres, c’est le moment de vous y mettre…
En attendant le verdict, je tiens à vous rassurer quant à la subsistance de mon humour qui n’a pas encore été évacué dans un sachet stérile étiqueté Biohazard –à la différence de Brit-Brit, et vous dédie cette petite chanson des Wriggles qui, même dans les circonstances actuelles, me fait toujours bien rire. Enjoy !
















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