Il ne vous aura pas échappé, chers lecteurs assidus (oui oui, vous trois ou quatre, là) que je n’étais guère prolifique ces temps-ci… voire littéralement absente. A dire vrai, j’attendais d’avoir assez de bonnes blagues noires et vaseuses pour vous décrire ma situation de manière hilarante bien que borderline, mais voilà, l’inspiration ne vient pas. Je vais donc faire avec les moyens du bord pour vous conter les dernières aventures de “Julie et Britney vont à l’hosto”. Notez que j’aurais préféré “Britney et Julie sont dans un bateau, Britney tombe à l’eau”, mais bon, hein, on choisit pas toujours.
Je vous avais laissés en plan avant le début de mon traitement lors du baptême de Britney (oui, si vous n’aviez pas suivi, Britney est le petit nom de ma tumeur). Rien de bien exceptionnel depuis… quelques séances de chimio, un régime mi-figue, mi-raisin pour notre popstar maudite et une mue saisonnière à faire pâlir de jalousie tout angora qui se respecte.
Alors cette mue, un grand moment de bonheur, vous vous en doutez. Pendant 10 jours, j’ai semé à tout vent et à la réflexion, j’aurais eu de quoi faire de bonnes mitaines pour chihuahua frileux, mais avec l’arrivée de la belle saison, à quoi bon? J’y suis sobrement allée à la Petit Poucet, marquant mon territoire, on n’est jamais trop prudent. Au final, on a coupé les rares résistants très court, ce qui donne un résultat à mi-chemin entre un nouveau-né duveteux et Vin Diesel. La classe, vous avez dit? Oui, je sais.
Sur les derniers jours, mes cheveux ont décidé d’innover et de se réunir en rastas, mais collés au crâne, façon couronne de lauriers (à la César… oui, j’aime choisir mes références): très désagréable et fort peu fashion deux bons millénaires après le putsch de l’ami Brutus. Alors depuis, j’ai des faux cheveux. Très jolis, au demeurant, enfin disons que je commence à m’y faire dans la mesure où il m’a fallu un moment pour ne plus avoir l’impression de voir Mafalda dans la glace, le volume étant nettement supérieur à celui de mes cheveux d’origine — paix à leur âme!
Alors cette alopécie trop bath découle directement de mon traitement par chimiothérapie, et là, c’est le retour de la lose. Dans la mesure où je suis jeune (et résistante, quelle chance), il a été décidé de passer par cette étape avant d’opérer, dans l’espoir de faire diminuer la tumeur et d’ainsi me garder un semblant d’intégrité physique. Après quatre sessions complètement fascinantes aux effets secondaires aussi variés que déplaisants, il s’avère que Brit-Brit n’a pas eu envie de perdre sa matière superflue…
Le verdict est donc tombé il y a trois jours: finalement, va pour la mastectomie (autrement dit, on enlève tout le sein). Vous l’aurez peut-être remarqué, j’aime bien chercher le positif dans ton évènement et là, l’idée de génie vient de mon très cher frère: c’est le moment de le lancer dans le tir à l’arc! J’avoue n’y avoir pas pensé avant car disons-le tout net: du tir à l’arc avec un bonnet E, c’est pas super super évident.
Seulement voilà, un problème de taille se présente: au vu du sein qu’on m’enlève… je dois devenir gauchère. Bien sûr, avec un peu d’entraînement, je ne doute pas d’y arriver. Nonobstant, le timing rend la chose difficile: une reconstruction est prévue (ouf), dans un délai bien trop long à mon goût mais trop court pour me permettre de participer aux JO auparavant… Un tuyau sur d’autres dates de compétitions internationales? Personne? Bon, tant pis…
Reste la reconversion en amazone, flamboyante guerrière barbare et sanguinaire à cheval dans les rues de Paris (j’me voyais déjà… air connu). Carquois au dos, épée à la main, cheveux (ah merde, non!) au vent, je pourfendrai les adeptes de tecktonik de mon bras vengeur… quelle vision onirique! Je crains de ne pouvoir mettre en œuvre ce beau plan machiavélique pour cause de risque de troubles avec la maréchaussée, mais au moins, je ferai de beaux rêves ce soir!
Alors voilà où nous en sommes. Pour conclure, je vous dirai qu’à défaut d’être sereine, je suis confiante et aussi désagréables que soient les épreuves qu’il me reste à traverser, je me bats (comme GI Jane, mais moi, c’est Joolz…) et ça va aller. Dans quelques mois, toute cette histoire sera derrière moi, j’aurai un inépuisable stock de blagues et je regarderai devant, plus positive que jamais. Et comme le disent ces grands philosophes que sont Ridley Scott et Demi Moore: “failure is not an option”. Si Demi l’a dit… y’a plus qu’à
















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