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Mon gras et moi
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Maître Yoda m’a dit…

Un jour ou l’autre, tout fumeur décide d’arrêter… ou d’essayer d’arrêter. Moi-même grosse fumeuse, je garde un sou­ve­nir éprou­vant de ma der­nière ten­ta­tive, si éprou­vant que je n’ai pas réel­le­ment tenté de réité­rer la chose sérieu­se­ment depuis plus de 5 ans. Comme l’a dit Maître Yoda (meuh non je ne suis pas une geek) : « N’essaie pas. Fais le, ou ne le fais pas. Mais il n’y a pas d’essais ». Alors demain – ou plu­tôt ce soir en me cou­chant, j’arrête.

Bonne réso­lu­tion en l’air du mois de jan­vier, comme tout ce que l’on entre­prend géné­ra­le­ment en jan­vier ? I don’t think so… Déjà, je vis dans une mai­son où nous sommes cinq fumeurs et nous allons tous arrê­ter en même temps, ce qui devrait m’être d’une aide consi­dé­rable. Cette date qui n’a pas été choi­sie par moi tombe à pic pour me don­ner l’impulsion néces­saire – bien que, ne nous men­tons pas, je flippe ma race (pour res­ter cor­recte, hein !) à la simple idée de ne plus m’allumer de clope à la moindre occasion.

Je suis un exemple par­ti­cu­liè­re­ment frap­pant de l’incroyablement forte addic­tion que cette saleté pro­voque en nous. Tout le monde devrait arrê­ter, pour une rai­son ou une autre. Dans mon cas, j’aurais du stop­per ça pour rai­sons vitales il y a bien­tôt un an, à quelques vaches près. Pour ceux qui n’ont pas suivi mes aven­tures (vous avez tort, c’est pour­tant des plus pal­pi­tants !), c’est au cours du mois de jan­vier 2009 qu’une étrange boule dans mon sein gauche s’est avé­rée être un . Pas un du pou­mon, certes, mais bor­del, un can­cer ! A 31ans ! Tout non-fumeur se dira : mais elle est folle, elle aurait du s’arrêter sur le champ ! Oui mais voilà, la fumeuse que je suis n’est ni plus, ni moins qu’une dro­guée, accro à la came la plus légale de notre belle société et si dépen­dante que même ce choc ne lui a pas suffit.

A y repen­ser, c’est pen­dant cette année de mala­die que mes com­por­te­ments de fumeuse ont été les plus pathé­tiques. Vu de l’extérieur, c’est réel­le­ment pitoyable… Savoir que je ne suis pas la seule à avoir agi ainsi n’est pas d’un grand récon­fort. Il fal­lait me voir sor­tir de mes séances de chi­mio, faible, blanche comme un linge, nau­séeuse, et m’allumer ma en atten­dant mon taxi, en me disant que ce serait bon pour me détendre, me cal­mer, cal­mer la peur de la mort ( !!!).

En juin, j’ai été hos­pi­ta­li­sée pen­dant 9 jours pour qu’on m’enlève le sein. Et ça, croyez-moi, c’est aussi ter­ri­fiant que psy­cho­lo­gi­que­ment per­tur­bant (et je ne parle même pas du moment, juste avant l’anesthésie, où on m’a dit : « on vous relie à la terre pour ne pas vous élec­tro­cu­ter avec la scie»…). Et bien que morte de peur pour l’opération, le et tout ce qui va avec, quelle était la ques­tion qui me tur­lu­pi­nait le plus en arri­vant à la cli­nique ? « Merde, et pour fumer, je fais com­ment ? ». Triste, non ?

C’est de fait l’une des pre­mières ques­tions que j’ai posées à l’infirmière lors de mon ins­tal­la­tion. Ouf, une porte de ser­vice per­met d’accéder à la cour arrière. Je res­pire déjà mieux. Je dois être à jeun à par­tir de minuit, je des­cends à 23h55 – croi­sant au pas­sage le regard accu­sa­teur de l’anesthésiste aca­riâtre qui m’avait reçue quelques jours plus tôt. J’ai hon­teu­se­ment baissé la tête mais suis allée fumer mal­gré tout.

Quelques heures après l’opération, une fois sor­tie des vapes, mon obses­sion m’est reve­nue. L’infirmière de garde me trou­vant trop faible pour me dépla­cer m’a gen­ti­ment auto­ri­sée à en prendre une à la fenêtre. De fait, tous les autres soirs, une fois qu’on m’avait dit bonne nuit (à 20h…), j’ai fumé à ma fenêtre deux ou trois clopes par soi­rée. En jour­née, je des­cen­dais, et le spec­tacle devait être édi­fiant : en robe de chambre, mes bou­teilles de lymphe accro­chées à la cein­ture, avec mon joli bon­net à la Alice Sapritch (oui, la per­ruque sur un oreiller, c’est pas hyper confor­table) et avec mes plus beaux chaus­sons, j’allais m’installer sur les chaises en plas­tique sous les mar­ron­niers, fai­sant pro­ba­ble­ment autant rêver qu’une petite vieille tirant sur sa clope au stade ter­mi­nal de je ne sais quoi.

Alors évi­dem­ment, j’en ai parlé à mon onco­logue… Doc­teur, je devrais arrê­ter !? Et il m’a dit ce que disent beau­coup de méde­cins : je suis dans une période extrê­me­ment dif­fi­cile et stres­sante, ce serait en effet bien mieux pour ma santé, mais ce n’est pas le meilleur moment. Avouons, ça se tient (et j’étais secrè­te­ment ravie d’avoir son aval pour conti­nuer). Mais j’ai décidé, ce jour-là, de reprendre ma santé en main dès mon « réglé ». Seule­ment voilà… (atten­tion, cliffhanger)…

Ce jour est arrivé mi novembre… j’étais clean… on devait sim­ple­ment faire des exa­mens de contrôle. Bon, on le sait, j’ai la poisse (ah non, ne niez pas…). Je suis encore à ce jour en plein dans les exa­mens, de pire en pire, mais l’option la plus pro­bable est que mon du sein est dans mon pou­mon. Ce n’est pas un du pou­mon, mais tout de même… D’ailleurs, j’en sau­rai déjà plus demain, et plus encore après mon PET Scan de jeudi. Dans l’immédiat, par­tons du prin­cipe que c’est ça (ou une tuber­cu­lose… mais bref).

Alors le paroxysme de cette addic­tion a été le jour de ma fibro­sco­pie bron­chique. J’ai amené mes images de scan­ner au méde­cin, qui a d’abord cru que j’avais fait sans m’en rendre compte une embo­lie pul­mo­naire. Réjouis­sant ! Et légè­re­ment, très légè­re­ment inquié­tant. Il m’a alors dit qu’il ne me lais­sait pas par­tir, qu’il me trou­vait une chambre et me gar­dait pour une semaine sous anti-coagulants. Genre « vous pour­riez mou­rir d’une minute à l’autre ». Et là, qu’ai-je demandé ? D’un air dépité : « je sup­pose que la que j’ai fumée hier soir était ma der­nière ? ». Et là, il m’a sauté en pleine face que mon sens des prio­ri­tés était clai­re­ment biaisé… Et déso­lant ! Bon, l’embolie était une fausse alerte, mais je n’en ai pas moins un pro­blème grave. Et là je me suis dit « vrai­ment, ça va trop loin, il faut arrêter ».

Et nous y voilà, veille du jour J. Je lis “La méthode simple pour en finir avec la ciga­rette” d’Allen Carr à toute vitesse, espé­rant y arri­ver sans manque, sans frus­tra­tion, sans ner­vo­sité exces­sive une fois pas­sés les (légers) symp­tômes de manque phy­sique. Le manque psy­cho­lo­gique reste évi­dem­ment le grand obs­tacle. Mais je ne veux plus être cette per­sonne décrite ci-dessus, cette chose pitoyable et misé­ra­ble­ment dépen­dante dont les actions et les choix sont dic­tés par un pro­duit qui contri­bue à la tuer. Sans comp­ter les nom­breux béné­fices connus de tous en matière de santé, d’économie et de vie quotidienne.

Bref, posi­ti­vons ! Demain, je ne me prive pas d’un plai­sir, je com­mence une nou­velle vie de femme libé­rée (elle est si fra­gile, être une femme libé­rée tu sais c’est pas si facile). Ques­tion de point de vue et de méthode Coué. Je me ser­vi­rai sûre­ment de ce blog comme d’un jour­nal de mes étapes vers, je l’espère, le suc­cès. N’hésitez pas à m’encourager, rien de tel pour me gal­va­ni­ser ! Et si ça marche (et ça va mar­cher)… sui­vez l’exemple ! :)

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3 comments to Maître Yoda m’a dit…

  • Aze admin

    Voilà…3 semaines, ça va, pour l’instant on tiens bien :)

  • Odile Odile

    et com­ment c’est chouette !
    conti­nue de tenir le coup !
    parait qu’on est sevré de la nico­tine au bout de 8jours
    reste alors les habi­tudes : clope avec le café, clope en entrant ds la voi­ture …
    je ne fais pas la liste
    tu saur­ras cer­tai­ne­ment la com­plé­ter
    mais avec le temps ça passe
    pour Guy ça fait 10 ans
    et puis t’a qu’à les rem­pla­cer par des kin­der
    mais pas un pour une …
    sinon tout ce que tu éco­no­mises passe direct chez WW
    bravo encore ma belle
    j’suis fière de toi

  • Odile Odile

    zut !!
    saur­ras
    c’est rude­ment joli avec 2 “r“
    mais parait que ça se fait pas
    en revanche parait que j’ai été avare d’un “s“
    voilà ce que c’est que de se relire après avoir posté
    1000 excuses aux lec­teurs écor­chés vifs

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