Il ne vous aura pas échappé, chers lecteurs assidus (oui oui, vous trois ou quatre, là) que je n’étais guère prolifique ces temps-ci… voire littéralement absente. A dire vrai, j’attendais d’avoir assez de bonnes blagues noires et vaseuses pour vous décrire ma situation de manière hilarante bien que borderline, mais voilà, l’inspiration ne vient pas. Je vais donc faire avec les moyens du bord pour vous conter les dernières aventures de “Julie et Britney vont à l’hosto”. Notez que j’aurais préféré “Britney et Julie sont dans un bateau, Britney tombe à l’eau”, mais bon, hein, on choisit pas toujours.
Je vous avais laissés en plan avant le début de mon traitement lors du baptême de Britney (oui, si vous n’aviez pas suivi, Britney est le petit nom de ma tumeur). Rien de bien exceptionnel depuis… quelques séances de chimio, un régime mi-figue, mi-raisin pour notre popstar maudite et une mue saisonnière à faire pâlir de jalousie tout angora qui se respecte.
Bon, ben nous y voilà… ce coup-ci, on va commencer la chimio, d’ici une dizaine d’heures. Je ne sais trop qu’en dire si ce n’est que cela m’inquiète… comment vais-je supporter les effets secondaires, ces produits toxiques ne me feront-ils pas autant de mal que de bien, suffiront-ils à venir à bout de mon crabe ?? Autant de questions auxquelles j’obtiendrai les réponses au fur et à mesure de mon traitement.
D’ailleurs, puisque le susnommé crabe est encore là pour un moment, je me disais qu’il faudrait lui trouver un petit nom… « la saloperie de balle de golf », c’est un peu impersonnel, à sa place, je le prendrais mal (bon, attention, je dis ça, mais j’ai pas de DESS en psychologie clinique de la tumeur…). Alors si vous avez des suggestions, il est temps de relancer un brainstorming pour une nouvelle question hautement existentielle !
J’avais bien pensé à Bubonique – qu’on ne me laissera jamais donner à l’un de mes rejetons – mais puisqu’on aborde la susceptibilité de la bête, je crains qu’elle n’y voit une connotation négative (les tumeurs sont chochottes, de nos jours…). Secouez vos petits neurones, il en va du moral de Bubonique (non, ‘tain, Julie, on a dit : pas Bubonique !!).
Votre envoyée spéciale en direct de Cancer City espère vous retrouver bientôt avec des nouvelles toutes fraîches et, surtout, en forme !
Aujourd’hui, je vais me lancer dans un exercice un peu différent de ce que je fais d’habitude: je vais vous parler de moi. En temps normal, ce n’est pas du tout mon truc mais, parfois, on voit sa vie basculer et certaines choses changent… Rassurez-vous, vous n’allez pas devoir lire l’intégrale en 312 volumes de ma palpitante biographie (je vous épargne pour cette fois), je vais me concentrer sur le présent et partager avec vous mon sympathique fardeau (sic)…
J’ai un cancer. C’est dramatique et désespérément banal en même temps. Un cancer du sein (le gauche, je précise pour les adeptes de la précision), apparu aussi rapidement qu’insidieusement. Tout allait bien jusqu’à ce que je sente une espèce de boule qui n’avait rien à faire là et que s’enchaînent les examens divers et variés.
A 31 ans, on ne s’attend pas à ça. J’ai pourtant lu (sur Internet, information à prendre avec des pincettes, donc) que 5% des cancers du sein touchent des femmes de moins de 40 ans. La prévention s’adresse surtout aux femmes de 50 ans et plus. Il serait pourtant important d’informer les plus jeunes – sans pour autant prôner des examens systématiques – afin de leur faire savoir qu’elles doivent être vigilantes.

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